Plaque Découpée Universelle

20,00

#73 —

Jonathan A. David, Plaque Découpée Universelle, 2023 (1876),
103 x 180 mm for the plate & 475 x 662 mm for the broadside
Keaycolor 450g cardstock lasercut & digital newsprint, 200 copies.

The Plaque Découpée Universelle or Universal Stencil Plate was created by the engineer Jonathan A. David in 1876 and sold at the Paris Exposition Universelle in 1878, hence the French name. This lettering stencil was designed to draw all upper and lower case letters as well as all possible ornaments one can imagine using its numerous lines.

I had the pleasure of discovering this item while reading the amazing book On Letters, in which Prem Kirshnamurthy discusses and examines On Kawara’s lettering in his famous Date Painting series. While Krishnamurthy begins by admitting that in his youth he despised Kawara’s lettering skills, thinking that anyone could do better now with computer software, he goes on to write letters to the late artist, comparing his lettering to several different fonts that might have influenced his date lettering, including the one that can be drawn with the Plaque Découpée Universelle.

From my point of view, Kawara’s work draws its strength from this tension. Even though his seemingly very conceptual pieces tend to look as if they were not man-made, but rather the product of a rigorous machine-like system, he can still be seen everywhere in each of these pieces. This tension between the artist’s willingness to hide behind his work (literally, as there is no known photograph of him after the 1960s) and the fact that all of his work and each of his pieces are self-portraits is what makes Kawara’s work so moving and powerful. Even if he seems to be withdrawn as a human being, each piece is about his experience as a dweller, as a reader, as a person meeting people, waking up or simply being alive…

To return to the Plaque Découpée Universelle, little is known about its creator, except that he probably lived in New York, where he patented the object almost 150 years ago. The scope of the project, shown in general public main events, suggests that it was made by someone who wasn’t a type designer and therefore perhaps not in dialogue with the type world of his time. This may explain why it was long forgotten until Eric Kindel’s 2007 article on how he came across it.

I realised that it would be quite easy to cut copies with a laser and thought it would make an edition that graphic design enthusiasts would love. Then I thought that the object should be accompanied by some explanation. My solution was to reprint the original broadsheet with which it was sold, trying to recreate the entire typographic composition with today’s means. The plates I cut out are made from cardboard scraps left over from previous projects, their sizes therefore depend on the pieces I come accross.

La Plaque Découpée Universelle ou Universal Stencil Plate a été créée par l’ingénieur Jonathan A. David en 1876 et vendue à l’Exposition Universelle de Paris en 1878, d’où son nom en français. Ce normographe est conçu pour dessiner toutes les lettres majuscules et minuscules ainsi que tous les ornements possibles qu’on peut imaginer grâce à ses nombreuses lignes.

J’ai eu le plaisir de découvrir cet objet en lisant le formidable livre On Letters, dans lequel Prem Kirshnamurthy discute et examine les lettrages d’On Kawara dans sa célèbre série de Date Paintings. Si Krishnamurthy commence par admettre que, dans sa jeunesse, il méprisait les talents de lettrage de Kawara, pensant que n’importe qui pouvait faire mieux aujourd’hui grâce aux logiciels informatiques, il poursuit en écrivant des lettres à l’artiste disparu, comparant ses lettrages à plusieurs polices de caractères qui auraient pu influencer sa manière de tracer des dates. Il compare notamment les 5 de Kawara avec ceux que l’on peut dessiner avec la Plaque Découpée Universelle.

De mon point de vue, l’œuvre de Kawara tire sa force de cette tension. Même si ses pièces, en apparence très conceptuelles, cherche à donner l’impression qu’elles ne sont pas faites de main humaine, mais qu’elles sont plutôt le produit d’un système rigoureux comme une machine, on peut toujours le voir partout dans chacune de ces pièces. Cette tension entre la volonté de l’artiste de se cacher derrière son œuvre (littéralement, puisqu’il n’existe aucune photographie connue de lui après les années 1960) et le fait que toute son œuvre et chacune de ses pièces sont des autoportraits est ce qui rend l’œuvre de Kawara si émouvante et puissante. Même s’il semble se retirer en tant qu’être humain, chaque pièce parle de son expérience en tant que promeneur, lecteur, personne rencontrant des gens, se réveillant ou simplement étant en vie…

Pour revenir à la Plaque Découpée Universelle, on sait peu de choses sur son créateur, si ce n’est qu’il vivait probablement à New York, où il a breveté l’objet il y a près de 150 ans. L’ampleur du projet, présenté dans des manifestations grand public, laisse penser qu’il a été réalisé par quelqu’un qui n’était pas dessinateur de caractères et donc peut-être pas en dialogue avec le monde de la typographie de son époque. Cela peut expliquer pourquoi il a été longtemps oublié jusqu’à l’article de 2007 où Eric Kindel raconte la façon dont il l’a découvert.

Je me suis rendu compte qu’il serait assez facile d’en découper des exemplaires avec un laser et j’ai pensé que cela ferait une édition que les amateurs de graphisme adoreraient. Puis j’ai pensé que l’objet devait être accompagné d’une explication. Ma solution a été de réimprimer le feuillet original avec lequel il était vendu, en tentant de recréer toute la composition typographique avec les moyens d’aujourd’hui. Les plaques que je découpe sont faites à partir de restes de carton provenant de projets précédents, leurs dimensions dépendent donc des pièces que je trouve.

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